Motherland ep.02 : Papier toilette, chaos et sangria.

Bon, comme ça fait longtemps que je vous ai pas raconté ma vie, on est repartis.

Commençons au début, j’ai enfin emménagé dans la coloc. Dans un premier temps sur le canapé, ce qui était un peu awkward, puis j’ai pris la chambre de Nessie.
Ce qui me fait réaliser que je vous ai pas encore parlé de Nessie. Vous avez vraiment loupé des trucs.

Long story short, Nessie était le mec qui occupait ma place dans la coloc avant mon arrivée. Si je lui ai attribué ce doux surnom, c’est parce que notre héros sortait de sa chambre environ aussi souvent que le monstre du Loch Ness montrait sa frimousse. Autant vous dire que c’était intéressant sociologiquement parlant. Plus sérieusement, sa présence dans l’appartement pouvait seulement être observée par la vaisselle sale entreposée dans un coin de la cuisine, et deux fois dans la journée dans un intervalle de dix minutes, le temps de cuisson de sa pizza quotidienne, une fois pour la mettre dans le four, l’autre pour l’en sortir.
Le jour de son départ, son seul haut fait a été de se barrer avec les trois derniers rouleaux de papier toilette. Ca fait deux semaines, et je cherche encore un sens à cette action.

Pour le reste de la coloc, elle est faite de gens parfaits. Je suis pas encore capable de leur dire a quel point je les aime en espagnol, alors je leur cuisine les meilleurs trucs que je sache faire, ça compense. De toutes façons, t’as beau parler dix-huit langues à la perfection, la bouffe ça reste un langage sans frontière. Et puis de toutes façons, je sais pas mieux exprimer mon amour inconditionnel que par des macarons ou des risottos au potiron.

Autre truc chouette, je suis dans un appart avec d’autres étudiants en traduction. Du coup dès que je sais pas comment dire quoi que ce soit, ils sont présents pour me l’expliquer en français avec un accent trop mignon. (Si vous avez jamais entendu un espagnol parler français, vous ratez un truc. L’Espagnol ne les a jamais confronté au concept de consonnes silencieuses, du coup ça donne lieu à des situations assez cocasses)

Niveau horaires, ici, je vis la nuit. Je me lève à midi, je me couche à 3h. J’ai complètement abandonné le concept de petit déjeuner, voir dans les cas les plus extrêmes celui de déjeuner. De toute façon, c’est pas grave parce que je commence les cours à 15h au plus tôt. Les jalouses vont maigrir.

Ah et puis avant de me tirer, faut que je vous raconte le Carnaval. En France, le Carnaval, c’est un truc de petites bites. Ici, le moindre petit bled de montagne s’organise plusieurs mois à l’avance, et le Carnaval est une fête ou toute la ville est dans les rues, et les concours de déguisements ont des dizaines de milliers d’euros de dotations. (ouep, pour de vrai)
Vous connaissez ma propension à me retrouver dans des situations débiles ?
Ok, je vous résume le Carnaval que j’ai vécu, en commençant par le début. Je m’appelle Valentin Murcia, je viens de Paris, je vis a Murcia, et pour la Saint-Valentin, je me suis déguisé en Parisien. Je vous rassure, c’est pas moi qui ai choisi le thème, j’ai débarqué en plein milieu de la parade, accompagné d’un char décoré d’une Tour Eiffel de 3m et d’un Moulin Rouge, dans le plus grand des calmes.
D’ailleurs, c’est marrant de voir comment la France est vue par nos voisins Espagnols. On passait dans les rues avec une bouteille de pinard et une baguette de pain à la main, le tout en distribuant des crêpes au nutella. On m’a demandé de parler Français aux public, du coup je leur ai récité les Fables de La Fontaine, entre deux autres phrases random (“Et surtout, n’oubliez pas : Pour réussir votre boeuf bourguignon, n’oubliez pas le thym et les carottes ! Maître Renard à l’odeur alléché, lui tient à peu près ce langage : Très jolie moustache, monsieur !”). Dans tout les cas, ils ont rien pané à ce que je leur ai dit, ce qu’ils m’ont fait comprendre en me disant “Yo no compra pan”, je n’achète pas de pain en français dans le texte, mais qui donne “Je ne comprends pas”, avec un peu d’imagination.

Je crois que c’est tout pour aujourd’hui, gros bisous dans vos gueules, et promis je reviens avec d’autres trucs à vous raconter.

Motherland – Carnet d’un retour sur le terrain de chasse de mes ancêtres.

Je vais écrire mon récit ici puisque j’ai un poil la flemme de créer un blog à part pour ça, et ça fera de mal à personne si je dépoussière celui là. Pour ceux qui n’ont pas eu l’occasion de suivre les épisodes précédents de ma vie palpitante, je vous fais le topo vite fait : Mon école me donne la possibilité de partir en Erasmus pour le second semestre de mon année scolaire. Bien évidemment, quand on me donne la possibilité de partir dans une ville Espagnole qui porte le même nom que moi, mon sang ne fait qu’un tour. Je saute sur l’occasion et me voici à Murcia, dans le sud de l’Espagne.

Qu’il en déplaise aux jaloux, ici je me balade en t-shirt (oui, fin janvier, parfaitement), la bière est un euro cinquante la pinte, et nique les rythmes ternaires de la langue française, qu’est ce qu’il vous faut de plus pour comprendre que je suis sur un des meilleurs coins de cette putain de planète.

Jusque là, mon séjour est plutôt sauvage. J’ai un peu la flemme de tout vous raconter, mais dans les grandes lignes :
-J’ai tapé une escale à Alicante chez une de mes potes de l’ISIT qui m’a accueilli comme un prince.
-Là bas, je me suis bavé dessus devant la daronne d’une autre amie alors que j’essayais de manger des tapas avec des oeufs de caille mi-cuits.
-Arrivé à Murcia, j’ai rien pané au système de bus, du coup j’ai marché jusqu’à la coloc avec ma valise. Quand j’ai finalement trouvé l’appart, j’ai appelé ma coloc. Loi de Murphy oblige, elle m’attendait à l’arrêt de bus.
-Les colocs sont trop cools, et y’a toujours plein d’autres gens super sympas dans l’appart. Apparemment ils arrivent à me comprendre, même si j’ai 14 mots de vocabulaire (selon les chiffres des syndicats, 6 selon la police), et une maîtrise plus que légère de la conjugaison.
-Une des colocs s’appelle comme un des chats de ma grand-mère, les premiers jours en sa compagnie vont être un peu techniques. En même temps, vu le nombre de chats que ma grand-mère a, y’a pas grand chose d’étonnant, mais c’est un autre problème que l’on traitera un autre jour.
-J’ai pas un seul cours avant 15h, ce qui est plutôt un cadeau du ciel pour une feignasse comme moi.
-Y’a des oranges et des citrons mûrs dans les arbres de certaines rues. En janvier. Visiblement c’est normal, ou alors tout le monde s’en bat les couilles.
-La mère d’une de mes colocs est venue avec son chien, un énorme machin velu et frisé. Je le soupçonne d’être secrètement un mouton et de ne rien avoir dit à personne à ce propos.
-Un de mes amis a essayé de m’apprendre des insultes en espagnol. J’ai seulement retenu la plus absurde d’entre elles, qui consiste à dire que je chie dans le lait. Ca devra suffire pour le moment.
-Les SMS ne sont pas gratuits pour les espagnols. Du coup tout le monde utilise WhatsApp. De mon côté, j’ai SMS illimité en Espagne, et pas de connexion internet mobile. Du coup je suis au courant des bails que quand je passe à côté du Burger King du centre-ville, et de son wi-fi gratuit.

Je sais pas quoi vraiment vous dire de plus, alors je vais arrêter pour ce coup ci, je vais retourner vivre d’autres trucs pour vous les raconter plus tard.

Clippy, ce trombone qui vous veut du mal.

Un soir où j’étais sujet à une procrastinationnite aigüe, et où j’essayais frénétiquement de gagner une partie de solitaire, ce qui me conduisait à accepter contre toute raison des donnes improbables vouées à l’échec, je me suis mis à réfléchir sur le sens de la vie plutôt que de traiter l’énorme masse de travail urgent qui m’attendait. Seulement, en me concentrant le plus fort que je le pouvais, rien ne venait.
Très vite, mon subconscient s’est mis à faire des siennes, et petit à petit, des scènes de Fast and Furious me sont apparues. Une fois disparues, elles furent remplacées par une liste de tous les types de pizza que je connaissais et leurs garnitures respectives. Je sentais que l’on se rapprochait de la vérité universelle. Quelques souris mécaniques passèrent par-là, sans s’arrêter. Je pris le temps de réaliser à quel point c’était le bordel là-dedans. Suivirent un jeu d’échecs complets et la disposition de ses pièces, un dentier avec des toutes petites jambes, la bibliographie complète d’André Breton. Je sentais que mon délire gagnait en intensité. Deux trois clémentines, et une machine de Rube Goldberg plus tard, le monde m’apparaissait dans sa glorieuse complexité. Et alors que la solution permettant de résoudre l’équation universelle allait montrer le bout de son nez, une bulle jaune apparut dans mon esprit, en haut à droite, où j’ai pu lire « Je vois que vous êtes sur le point d’accéder à un incommensurable savoir. Avez-vous besoin d’aide ? »

Putain.
Encore une fois. Clippy.

La putain de sa race maudite, encore une fois, ce petit con de trombone de merde qui vient te faire chier dans les moments les plus palpitants de tes traitements de texte, ou dans tes plus beaux tableurs excel (on est pas sectaires), vient de faire une incursion dans les méandres de mon esprit.

Seulement, mon esprit n’est pas une machine qui s’arrête comme ça. Lancé comme un autobus scolaire vers un ravin, la question a subitement changé, passant de « Pourquoi la vie ? » à « Pourquoi Clippy ? ».
Et c’est un tout nouveau problème que l’on soulève là. Pourquoi les plus grands génies maléfiques de notre ère se sont employés à créer un personnage destiné à être classé devant les attaques de legos nocturnes (Mais si, vous savez, ceux qui se plantent sous vos pieds. Même que depuis on appelle cette partie la « plante » des pieds. No shit.) dans le top 100 des vecteurs de haine favoris des Français ?

Et puis je me suis dit, mais qui de nos jours connait encore ce glorieux fils de mouette ?
A part la petite vingtaine de geeks qui lit ce blog et qui fait partie de la race suprême des gens qui se servaient de Windows 95, ou qui ont tout simplement fait autre chose de leur temps passé sur leur PC que pourrir le score de son papa au démineur ou faire une collection complètement improbable d’émoticones sur MSN ?

Après quelques recherches, je me rendis compte que tout le monde avait oublié cette véritable clé de voute de l’âge d’or de Windows XP, le temps où toute personne cool avait une adresse caramail (huhu :’) ), et où l’on pouvait utiliser Publisher sans se retourner de peur que quelqu’un que l’on connaît nous voie et aille colporter la rumeur. Nah, j’déconne, ça a toujours été moisi, mais c’était tout de même une priorité de l’éducation Nationale. C’était apparemment d’une importance capitale que toute une génération de gosses apprennent à faire des calendriers moches en WordArt (mauvais goût : check) pour les vendre à la kermesse de l’école. Alors que de nos jours la grande majorité des 18-25 utilisent Internet Explorer et ne savent pas que 90% des problèmes qu’ils vont rencontrer dans leur vie dans le domaine de l’informatique peuvent se régler par un reboot du périphérique concerné. Cela s’appelle la hiérarchisation des priorités. Pas d’applaudissements, merci.

Merde, quoi, une figure symbolique d’un temps où n’importe qui pouvait simuler des connaissances en informatiques en donnant à Windows le malicieux sobriquet de « Windaube » qui passe ainsi à la trappe ?
(A propos, cette blague n’a jamais été drôle, et est de nos jours aussi poussiéreuse que la chatte de la Reine d’Angleterre. Si vous comptiez simuler des connaissances dans un domaine précis dans un évènement mondain dans quelque temps, respectez-vous, oubliez cette vanne, et mettez-vous à simuler des statistiques en utilisant la formule « Selon une étude de l’INSEE, X% des Y sont … ». Les chiffres ont toujours raison, et selon une étude de l’INSEE, 97% des parenthèses de ce blog sont plus courtes que celle-ci. Vu ?)

J’ai alors décidé que j’utiliserais ma voix pour combattre la chute dans l’oubli de figures historiques majeures telles que ce pauvre petit être, victime de sa réussite dans sa quête pour devenir l’entité la plus casse-couilles au monde.
Laissez-moi donc vous conter le fabuleux destin de Clippy, un trombone pas comme les autres.

  • Clippy, sa vie, son œuvre, ses joies, ses peines.

« Né d’une fratrie de huit enfants et issu d’une famille de petite bourgeoisie ukrainienne, de parents juifs allemands ayant fui l’holocauste, Clippy von Clipstein fit ses études à l’Institut des Beaux-Arts de Kiev, duquel il se fit radier en raison de ses résultats pitoyables et de son piètre talent. Placé sur la route de celui qui a fait basculer le destin de ses parents vingt ans plus tôt, il allait non pas diriger sa haine vers une catégorie délimitée de la population mais bel et bien vers la totalité du genre humain, arguant du fait que ces vicieux êtres de chair et de sang étaient responsables de tous les torts causés à la race suprême des ustensiles de bureau.

La croisade de Clippy était lancée.

Il commença petit, en plantant son bout pointu sous des ongles, et en disparaissant des liasses de documents importants, laissant derrière lui des amas de feuilles volantes, semant chaos et désinformation dans le camp adverse. La riposte ne se fit pas attendre, et la race humaine se mit à utiliser des agrafes, limitant ainsi son pouvoir nuisible, ce qui témoignait de la fourberie que l’ennemi était capable de déployer.
Il fallait viser plus haut. Il se mit en route vers les Etats-Unis, là où il pourrait trouver suffisamment de matériel de bureau fasciste pour l’accompagner dans sa lutte contre l’ordre établi.

Le temps passa, et les crimes contre l’humanité de Clippy prirent une nouvelle envergure, quand soudain, ce fut le drame. Il fut pris en plein complot à l’abri d’une trousse par l’ennemi, qui le désarticula complètement pour lui donner quelque forme amusante, Clippy devenant tour à tour un bateau, un chien, un avion, une pelle, un stand de barbe à papa ou que sais-je d’autre… Jeté au sol par son tortionnaire dans un amphithéâtre du MIT, c’est là qu’un chasseur de têtes de Microsoft le ramassa gisant sur le lino, non sans laisser échapper un « Messieurs, nous pouvons le reconstruire ».

Cet épisode marque un tournant dans l’histoire mondiale, car elle offre un martyr à la lutte menée par les objets du quotidiens (OUI, mesdames et messieurs, le tube de dentifrice à moitié vide quand on l’achète, les verrous que l’on pensait avoir fermés alors qu’en fait non, ou encore le clavier du téléphone portable qui se déverrouille lorsque vous êtes au toilettes, permettant à votre belle-mère de recevoir un appel où seront retransmises 45 secondes de vos pets, ce ne sont ni plus ni moins que des actes sauvages de désobéissance civile, des éléments prétendument isolés qui relèvent en vérité d’un complot global, des opérations de guerilla menées dans le but de vous saper le moral !), mais qui signe aussi la rencontre entre Clippy et Bill Gates, les deux plus grands génies du mal de notre ère.

La firme de Redmond, qui avait déjà opéré sur le plan du viol oculaire avec les désormais cultissimes écrans de veille moches à base de polygones multicolores qui changent de forme et rebondissent sur les coins de l’écran (arrêtez-vous quelques secondes dans votre lecture pour vous visualiser la scène, je sais qu’au fond vous savez de quoi je parle), avait décelé chez ce petit être des niveaux de haine jusque-là jamais atteints chez nulle autre personne. Microsoft sentait qu’il approchait de son Saint-Graal, le potentiel d’emmerdement maximum. Les spécialistes en chirurgie esthétique modifièrent son image afin de le rendre plus attachant, et de lui donner cet air prétendument inoffensif en virant sa mèche grasse et sa petite moustache, en lui collant deux gros yeux ronds et un sourire d’une hypocrisie sans précédent.

De plus, son corps aux articulations anéanties fut la fondation d’une effrayante technologie de polymorphie, pour l’adapter à toute situtation. Un long trajet à faire ? BAM. Transformation en vélo magique qui pédale tout seul. Quelque chose à indiquer de façon subtile ? ZBLEH. Transformation en flèche.  Et ce n’est pas tout, les rumeurs les plus folles parlent même de transformation en robot, en labrador ou même en magicien bizarre à qui vos enfants ne devraient absolument pas faire confiance !

Un nouveau Clippy était né.

Le coaching mis en place par Microsoft porta ses fruits. Finis les grands coups d’éclat, notre ennemi public numéro un travaille désormais sur la durée, et devient un spécialiste du siège. Présent partout, appliquant les méthodes d’interrogatoire de la CIA afin de savoir si oui ou non, sa victime avait besoin d’aide, il devint maître dans l’art du harassement, au point que la race humaine commença à fléchir. Toute résistance était inutile. La Terre était en proie à ce tyran d’un nouveau genre. »

C’est ainsi que se conclut la grande histoire de l’humanité. Vous allez me dire que pas du tout, la race humaine de nos jours est parfaitement libre, et qu’il s’est passé plein d’autres choses tout aussi inintéressantes après. Ce à quoi je vais répondre que vous avez parfaitement raison, et que le sauvetage de la Terre est dû en grande partie à Oracle, qui a sorti OpenOffice, un logiciel permettant d’esquiver l’aide la plus casse-burnes de l’univers pour pas un rond. Toutefois, c’est un élément de l’histoire qui est lui aussi oublié à cause du manque de documents portant sur ce sujet, pour la simple et bonne raison que de nos jours plus personne n’écrit à moins d’être moche, gros, avec des boutons et des lunettes. Alors, par pitié pour votre serviteur qui cumule toutes les tares de ce monde, et parce que c’est toujours les mêmes qui se chargent des travaux ingrats, vous serez super choupis de lâcher avant de sortir, sur le ton le plus convaincu du monde, un retentissant « Merci. Merci WiseKitteh. »

Laissons les poètes là où ils sont.

J’ai une sale envie d’écrire en ce moment.
Sauf que manque de sujet, je m’abstiens, de peur d’écrire de la merde.
Et là, une idée me vient. Ou plutôt m’est venue, dans le feu de l’action, lors du dernier acte du drame qu’a été le cassoulet mexicain de ce midi :
“Et si je laissais coïncider le fond et la forme ?”

C’est vrai, après tout…On a bien vu des peintres peindre des peintres à l’oeuvre, des écrivains écrire à propos du travail du poète, du romancier ou du dramaturge, alors pourquoi je n’écrirais pas de la merde, à propos de la merde ?

Nous voilà donc partis pour retracer le parcours d’un caca qui restera sûrement dans les annales (attention à ne pas rire de ce jeu de mots, il est honteux), en cinq actes s’il vous plaît :

  • Acte premier : Les origines du mal.

Plantons un peu le décor, voulez-vous ?
Je crèche dans un tipi d’un camping de Houlgate, en Normandie, pour ceux qui ont suivi en deux-deux pendant les cours de géographie. Le tipi ne disposant pas du confort auxquels nous autres occidentaux embourgeoisés sommes habitués, le point stratégique du séjour est la zone des sanitaires.

Bon, je vais pas vous faire un dessin, c’est des sanitaires de camping, ceux qui savent de quoi je parle comprennent pourquoi j’ai décidé de les boycotter.
En tant que noble guerrier, je décide de suivre les préceptes d’un de mes supérieurs hiérarchiques, une sorte de maître shaolin viking, qui m’a montré la voie du caca tactique.
Je sais qu’à ce point précis de l’histoire, vous êtes sûrement largués par la technicité du vocabulaire employé. Pas de soucis, on a tous été jeunes un jour, laissez moi vous éclairer.
Le caca tactique, noble discipline s’il en est, consiste à se retenir jusqu’à l’arrivée en terre promise, c’est à dire des toilettes propres, afin d’y déchaîner la colère de mille mondes et de les laisser exsangues, comme pour remercier notre malheureux hôte de les avoir gardées si propres si longtemps.
Vu que ce sont des choses que l’on a rarement l’occasion de voir dans une vie, et que la majorité des personnels à qui l’on confie la tâche de nettoyer les locaux n’a pas souvent une vie riche en rebondissements, la tradition veut que l’on ne tire pas la chasse ensuite, même si elle n’est plus appliquée de nos jours, en raison de la nature barbare de cet acte.J’étais à l’apogée de mon cinquième jour de méditation transcendentale quant à la vacuité de l’acte de déféquer quand un nouvel adversaire apparut.

  • Acte deux : L’entrée en scène du rival
La pression commençait à monter en moi quand une boîte de conserve sauvage fit son entrée. C’était une sorte de croisement bâtard entre un cassoulet, mais épicé, avec des haricots rouges et des merguez.
A lire le listing des ingrédients, on aurait cru que les plus grands génies maléfiques du Troisième Reich avaient travaillé vingt ans dans le but de faire le plat le plus indigeste possible.

Il va sans dire que le cassoulet mexicain est donc de ces plats que l’on mange non pas pour le goût qu’il peut avoir, ni même pour ses qualités nutritives, mais surtout pour le plaisir coupable de désactiver les commandes des fenêtres arrière de la voiture et de péter tout son saoul en se délectant de la souffrance des pauvres enfants sans défense attachés à l’arrière.
Et aussi un peu pour l’esprit sportif, nécessaire vis-à-vis de la prise de risques que devient chaque flatulence. Un mail est d’ailleurs en instance de lecture au service client William Saurin à l’heure où j’écris ces lignes, soulignant le “plus produit” que serait l’ajout à chaque conserve d’un T-shirt portant la mention “Je l’ai fait” ou “J’ai survécu”, à la manière de ceux que l’on pouvait trouver dans les clubs de saut à l’élastique ou en parachute.

  • Acte trois : L’effort de mémoire, ou comment péter dans un lieu de recueillement sans se faire fusillier du regard.
Dans ce bas monde, il y a des lieux comme les festivals de metal ou la fête de la bière (ce qui, disons-le honnêtement, est à peu de choses près la même chose) où lâcher des caisses peut se faire en toute discretion, voire être plutôt raccord avec l’ambiance générale.
Malheureusement pour moi aujourd’hui, le Musée-Mémorial de la seconde guerre mondiale de Merville-Franceville n’en fait pas partie.

Commence alors le véritable challenge. Dans la perpétuelle lutte du bien contre le mal un nouveau chapitre s’est écrit devant mes yeux, intitulé : “En prenant en compte la douleur intestinale ressentie, est-il moralement acceptable de péter comme un gros porc là ou de vaillants soldats ont donné leur vie pour lutter contre la tyrannie fasciste ?”
S’ensuit alors un des chapitres les plus courts jamais écrits dans cette histoire, ne comportant qu’un seul mot :
“Oui.” Victoire irréfutable du mal sur le bien.
Le respect de la mémoire des combattants oblige, j’adopte la tactique dite du “filant” jusqu’à nouvel ordre.

Chaque passage en extérieur est un soulagement, dont je profite autant que possible pour laisser libre cours à ma créativité sans importuner les autres visiteurs.Revenons un temps sur le lieu en lui-même, et sa particularité. Toutes les casemates d’une batterie allemande ont été conservées et restaurées, et servent plus ou moins de salles d’exposition.
Le clou du spectacle se situe dans la pièce finale, que tout le monde attend avec impatience, une reconstitution avec sons et lumières de ce que pouvait être le chaos ambiant du combat.

Tout le monde l’attendait avec impatience, mais pas autant que moi.

Cette ultime pièce fut une véritable oasis au milieu du désert. Dans le déchaînement de rage du combat, personne ne vous entend péter.
En y repensant, je préfère me dire que ce n’était pas un acte purement impoli et égoïste.
Je préfère mettre ça sur le compte de la vérité historique, et que j’ai donné de ma personne pour honorer la mémoire de nos hommes qui ont succombé aux gaz de combat, et faire rendre compte de leur souffrance au reste de l’audience.
On pourra dire ce que l’on veut là-dessus, mais je pense que toute personne ayant toussé durant les huit minutes de l’animation serait d’accord avec moi.

  • Acte quatre : Une tension à couper le souffle. Littéralement.
A ce point de l’histoire, la visite est terminée et les toilettes du musée semblent être une explication en images de ce que sont devenues les campagnes normandes après que Rommel les ait inondées pour ralentir les alliés.
Etant donné que je ne pouvais pas me permettre de m’embourber jusqu’au genou avant de remonter en voiture, je prends mon mal en patience, ce ne sera que partie remise.

Je vais passer assez vite sur les vingt minutes qui ont précédé le retour au camping, car il va de soi qu’elles furent d’une intensité moindre par rapport à la suite des évènements, quand bien même j’ai été obligé de faire le voyage en serrant les dents à chaque défaut de la route.

  • Acte cinq : La bataille finale.
A peine arrivé dans la rue du camping, une caravane bloque le passage. Qu’à cela ne tienne, je saute de voiture et pars en courant.
A ma grande surprise, les sanitaires sont vides, et propres. C’est un putain de miracle, Dieu existe et il est de mon côté dans ma glorieuse entreprise.
Je m’installe dans la première cabine venue, la plus proche de l’entrée.
Les plus expérimentés dans le domaine noteront la une erreur colossale, qu’ils pourront mettre sur le compte de mon empressement. Elle n’en est pas moins inexcusable.
De l’allée principale, tout le monde peut entendre les grognements de bête fauve que je ne vais pas tarder à pousser.

Et là, c’est le drame. La porte de la cabine d’à côté s’ouvre, puis se ferme. J’entends quelqu’un retire son pantalon.Une fois de plus, me voilà partagé. J’essaie tant bien que mal de me retenir, voulant éviter au maximum les dommages collatéraux.
C’est un échec retentissant, et un fracas assourdissant résonne dans la cabine, accompagné d’un fumet que la bienséance m’interdit de décrire.
Un blanc incroyable s’ensuit, remplaçant la cacophonie habituelle de l’espèce de “salle d’attente” située à côté;
Je ressens la peur à travers la paroi. Je comprends tout à fait le sentiment de ces pauvres mortels. Etant donné que je viens de reconstituer fidèlement l’atmosphère du septième cercle de l’Enfer, ils s’attendent tous à voir Lucifer en personne sortir de la cabine.

Je réalise alors que j’ai atteint un point de non-retour.

Je sens dans mon rectum passer ce qui semble être une réplique miniature de l’armée d’Otto von Bismarck, leur casques à pointe me griffant l’anus au passage. J’engage toutes mes forces dans la bataille, afin de terminer au plus vite ce combat qui n’a que trop duré. Laissant derrière moi un étron de la taille d’un fraisier pour 8 personnes, je perçois des hurlements qui me renseignent sur mon voisin provisoire. De ce que j’en sais, il est petit, et à la façon dont il appelait sa mère, je peux presque dire avec certitude qu’il était d’origine allemande, ou néerlandaise. De toute façon, l’autopsie nous le confirmera.
Avant de sortir, je pousse un râle puissant, comparable au cri de l’ours, afin de célèbrer dignement le départ de douze kilos de ma personne dans les canalisations.Je sors enfin, sous le regard médusé des autres campeurs, qui me voient désormais comme “L’homme qui a donné naissance à l’Antéchrist”. Ils me fixent, leurs yeux comme des soucoupes, alors que je rentre jusqu’à mon tipi le torse bombé, et l’air serain.
Je sais pas si vous réalisez, mais c’est un homme à l’esprit désormais libéré qui vous parle. Au final, vous pouvez dire ce que vous voulez, pester contre l’innommable vulgarité de mon récit, mais je pense qu’il y a des histoires qui méritent d’être racontées, et que celle-ci en est une. Je remercie d’ailleurs tous les participants de cette formidable aventure humaine. Ca n’a aucun sens, je vous l’accorde, mais j’ai toujours rêvé de pouvoir écrire cette phrase. Et étant donné que c’est pas tous les jours qu’il m’arrive des aventures aussi trépidantes, je me suis dit que c’était l’occasion ou jamais.

En retour de cette fabuleuse épopée, je ne demanderais qu’un simple remerciement, pour vous avoir sauvé de cette morne et ennuyeuse après-midi d’été, que vous auriez sûrement passé à la plage, à jouer au beach volley avec une douzaine de mannequins pour lingerie ou à chevaucher un requin qui pilote un jet-ski. Alors, à votre place, pour l’homme qui a ruiné une journée pleine de promesses en vous racontant une histoire de merde, au sens propre comme au figuré, je lâcherais, par pure politesse et non sans une pointe de sarcasme et de dédain, du bout des lèvres, un hypocrite “Merci. Merci WiseKitteh.”

A genoux devant le glorieux Etat du Québec !

Dieu considéra tout ce qu’il avait créé, et il vit que c’était bon.
Il y eut un soir, puis un matin: ce fut le sixième jour.
Au septième jour, au lieu de feignasser, comme c’était prévu,
Il créa le Québec et ses habitants, et il vit que c’était drôle.

-Genèse selon le Chaton

Bon, allez, un peu de sérieux, s’il vous plaît. Je suis ici pour un sujet qui me tient à coeur, le rétablissement de l’ordre cosmique, donc on a moyen le temps de minauder. Il s’agit de faire vite, et bien, pour enfin remettre les choses à leur place.

Bon, et puis surtout, je vais pas faire un post über long juste pour une vidéo qui m’a fait me pisser dessus, parce que un, c’est moi qui commande, et deux, j’ai la masta flemme.

Je disais :
On entend souvent parler du Japon en tant que pays ultime du “WATDAFAK MADAFAKA FFS ?!”. Trop souvent. Cette étiquette est surfaite. Il est temps de remettre la coupe aux tenants du titre. Il est temps de ranger vos groupes de J-Pop tout pourris les enfants. Place aux vrais L33T R0XX0RZ du n’importe quoi, j’ai nommé, les Québecois.

  • Mais pourquoi sont-ils si awesome ?

Déjà, par chauvinisme, parce qu’ils parlent français. Bam.
Bon, surtout parce qu’ils ont les burnes de parler français de façon majoritaire sur un bout du resplendissant continent de le ‘MURRIKA, pas forcément réputé pour être super fans des tarlouzes qu’on est avec notre rugby, notre béret et notre drapeau blanc.
Mais surtout, SURTOUT, parce qu’ils se permettent de faire un outrage à la langue qui sent bon le hamburger dans le fond de sa bouche :

Oui, contrairement à nous, qui traduisons les titres de films d’anglais à l’anglais comme des tapettes (oui, The Hangover/Very Bad Trip et Shark Night/Shark, c’est de vous que je parle), les natifs du fief de Céline Dion traduisent tout, absolument tout, au mépris même de toutes les règles élémentaires relatives au bon goût.

Toutefois, ce n’est qu’un aspect mineur de leur roxxitude…
Introducing…

  • The Dark Side of the Rap Francophone

OK, je parle peut-être trop souvent du rap français, mais faut dire qu’il y de quoi faire…
Seulement, peu le savent, mais ce dernier a un homologue mutant, un fils consanguin, j’ai nommé, le Rap Québecois.

En gros, c’est simple. Pour faire du bon rap québecois, tu prends :
– du rap français tout pourri, jusque là assez simple à trouver, suffit de chercher dans les bons coins. Cortex, par exemple, est une valeur sûre.
– un accent québecois, appelé dans le jargon un “générateur à lulz”
Et c’est tout. Le reste vient tout seul.

Des grands noms sont évidemment à citer, comme l’illustre, l’incroyable, l’improbable, oserais-je dire, “George W. Bush du rap francophone”, le Roi Heenok.
Mais bon, je peux pas lui taper dessus.
Un homme qui te sort des punchlines telles que “Le pain est fait de fécule de blé, pute nègre !” mérite obligatoirement un respect incontestable.

Néanmoins, Montréal étant un formidable fourneau à talents, le Québec nous a offert d’autres artistes représentant fièrement leur ghetto. Et parmi eux se trouvent quelques beaux morceaux de bravoure.

  • Tout ça pour ça…

Voilà, tout ce que j’ai dit jusqu’ici n’est rien de plus qu’une introduction aux proportions débilissimes, juste pour amener THE MASTERPIECE :

Je sais pas si c’est vraiment nécessaire de faire un commentaire là-dessus. Je vais vous laisser enjoyer G.I. Joe, pur produit de la banlieue propre ( les quartiers résidentiels, fournisseurs officiels de gros talents dans le monde du rap : http://www.youtube.com/watch?v=0onLcLySt4Q , allez hop, lui aussi en prend une gratuite), jouissant d’une street cred comparable à celle d’une plaque d’égout, et qui a tout compris à l’équation “Succès = Bling-bling + Biatches”.

Bon, comme ça c’est fait, j’utilise Internet pour créer de l’information inutile, vous écoutez de la musique de merde, on est quittes. Désolé pour ce retour aussi bref, mais j’avais vraiment pas la fois d’en faire un roman russe. En attendant, vous avez sûrement l’air dans la tête, et même si ce coup-ci je l’ai pas mérité, vous pouvez tout de même dire me dire merci. Allez, tous en choeur : “Merci. Merci WiseKitteh.”

DERNIERE MINUTE : A croire qu’on voulait me donner tort, la France prend une avance incontestable dans le n’importe quoi, et prouve que “l’exception culturelle” est un véritable monopole du bon goût. C’est ici :
https://www.youtube.com/watch?v=DrKY8KDZZBI&feature=player_embedded
Je crois que vous êtes repartis pour un tour de “Merci. Merci WiseKitteh”.
Allez, de rien.

Tonton WiseKitteh, raconte nous le Big Bang !

Mais avec plaisir les enfants, c’est toujours agréable de passer un moment en famille, à expliquer un modèle cosmologique complexe à des sales gosses qui s’en battent complètement les couilles. Heureusement que y’a des gens qui lisent ces conneries, sinon ça n’intéresserait personne ! Tiens d’ailleurs, qui êtes-vous, j’ai jamais eu de neveu moi ?
Ah, il doit y avoir un malentendu, au temps pour moi. Non, je n’ai pas quelques minutes pour parler de votre seigneur. Oui, c’est ça, barrez vous avant que j’attrape ma batte de cricket (accessoire indispensable pour chasser les gitans avec la classe d’un lord).

Bon, maintenant qu’on est libérés de ces saloperies de témoins de Jéhovah, on va enfin pouvoir discuter en mode serious business. Oui, je sais, deux articles aussi rapprochés, j’arrête d’être un feignant, la plèbe s’enjaille parce qu’elle va enfin avoir ses AJR en awesomeness, toussa toussa.
Donc aujourd’hui, je vais vous parler (vite fait, hein, parce que sinon ça risque d’être long et chiant (qui a dit CTB ? Il a à moitié raison)) du Big Bang, ou Grand Boum comme nos amis les québécois pourraient avoir le mauvais goût de l’appeler, et ce pour deux raisons.
De un, parce que ce pauvre Big Bang est un grand incompris et que tout le monde dit de la merde dessus.
De deux, parce que j’ai personne avec qui jouer au babyfoot ce soir, et que donc du coup on se fait chier ferme par ici.
Bref, on est partis ?
On est partis.

  • Tonton WiseKitteh, comment tu expliques que au début il y avait rien, et que ça a explosé ?

MAIS BORDEL, VOUS VOUS ÊTES TOUJOURS PAS BARRES ??§§§!§

Comment ça c’est moi qui les imagine, ces voix ? Et pourquoi je devrais aller les bouter hors de France, ces Anglais ? J’ai un article à écrire, moi !
Passons.

Donc, pour l’expliquer, c’est simple, ça ne s’est jamais passé. Merci beaucoup messieurs dames, au revoir.
Vous voulez en savoir plus ? Bon. Ca me plaît.
Globalement, cette idée de Big Bang est juste une simplification à l’extrême de ce phénomène, établie pour que des personnes qui s’en secouent le chibre puissent l’expliquer à leurs gosses, qui s’en secouent le chibre.
Pourquoi c’est faux ?
Parce que dans l’hypothèse qui consiste à dire “Au début, il y avait rien, et puis une explosion a créé l’univers”, et bah si on prend les éléments un par un,  il n’y a plus grand chose à dire.
– Au début : Non, l’univers existait déjà avant le Big Bang.
– Il n’y avait rien : Si, l’univers, mais sous une forme très dense.
– Une explosion : Non, plutôt une dilatation extrêmement rapide
– A créé l’univers : Non, il existait déjà, et on l’a déjà dit. Faut suivre, un peu…

Donc, si on se tient à dire juste ce qui n’est pas faux dans cette phrase, on en vient à expliquer ce phénomène par “et puis”.
C’est faiblard, tout de même, pour une explication de la naissance de l’univers tel qu’on le connaît, non ?

  • Alors ouate de phoque happened en vrai ?

Remontons très très loin. Pas non plus trop loin, parce que sinon, ça va être vraiment long et compliqué.
Donc on va revenir jusque la baryogénèse.
J’attends déjà la question : qu’est-ce que c’est que la baryogénèse ?
La baryogénèse, messieurs dames, c’est le moment où sont nés les baryons.

Plus sérieusement, il y a très longtemps, il y avait de la matière et de l’antimatière dans des quantités sensiblement égales. C’est à dire qu’à chaque patate correspondait une antipatate, à chaque tourenvis un antitournevis, à chaque chèvre une antichèvre, et à chaque moine un antimoine (jeu de mots pourri, check). Et jusqu’ici, tout allait plutôt bien. Chaque fois qu’une particule de matière rencontrait une particule d’antimatière, et bah elle s’annulaient bien gentillement, un peu comme un 1 annule un -1.
Jusqu’à ce qu’un truc pas prévu dans le script arrive.
En gros, l’égalité a été faite à la truelle, il y a plus de matière que d’antimatière, ce qui fait qu’à la suite de l’annihilation de l’antimatière, il y a un excès de matière sous forme de particules élémentaires qu’on appelle baryons, parmi lesquelles on retrouve les protons et les neutrons, pour ne citer qu’eux.

Maintenant, on va avancer un peu, parce qu’il se passe des trucs chiants à expliquer à l’échelle du neutrino. Mais ce qu’il y a à retenir, ce que en gros, ce petit surplus de matière a permis la création de notre univers, de notre planète, des dinosaures, leur extinction et plus loin, notre naissance. Donc on a failli ne pas exister, et ça plusieurs milliards d’années plus tôt. Comme quoi c’est pas passé loin.

  • Our whole universe was in a hot, dense state…

Previously, on the Universe :
La matière a botté le cul à l’antimatière. Puis il s’est passé des trucs compliqués dedans la matière qui a fait que notre univers était plus ou moins un truc über compact et sa mère chaud.

A ce point, l’univers existe à l’état de plasma, c’est à dire un état où l’énergie est telle que toutes les particules composant les atomes ne peuvent s’associer. Il faut donc attendre que tout ça refroidisse. Enfin, tout est relatif, puisque en moins de trois minutes, la température estimée redescend en dessous du milliard de degrés, et des atomes légers comme l’hydrogène et l’hélium peuvent enfin se former.
Il faudra attendre encore à peu près 380 000 ans pour que l’univers descende à une chaleur qui est mille fois ce qu’elle est aujourd’hui pour que se forment les autres atomes.
Tout ce barda se dédensifie un poil, mais ça reste quand même compact. Et puis là, BAM (enfin non, ce n’est pas une explosion, mais WIZZ sonnait moins bien), l’univers s’étend, jusque 13,7 milliards d’années plus tard, c’est à dire maintenant, pour devenir ce qu’on connaît aujourd’hui.

Pour faire simple, on avait un gros paquet informe de galaxies, étoiles et planètes regroupées en un point un milliard de fois plus petit que l’espace qu’elles occupent maintenant, et tout ce petit monde s’est joyeusement bougé le cul afin de prendre un peu ses distances. L’univers a donc connu une expansion fulgurante, dans un moment qui se poursuit encore de nos jours.

Donc pour résumer, il y a fort fort longtemps, fort fort près d’ici (bawi, si l’univers était replié sur lui-même, ça réduit forcément les distances), un paquet de matière et un autre d’antimatière ont décidé de se foutre sur la tronche… War… War never changes…
Au final, la matière pownz les fesses de l’antimatière, parce qu’elle était en surnombre. C’est moche, mais en même temps, c’est un peu grâce à ça que vous me lisez aujourd’hui, donc remerçions la matière d’être une porcasse de grosse tricheuse.
Ensuite, ces particules se sont décomposées, auto-détruites et recréées, ce qui a produit de la fat chaleur.
Puis ça a refroidi, créant les atomes.
Enfin, tout ce bordel s’est dispersé, très vite.

Et TA-DAA, on a un univers !

Alors maintenant, que j’en entende ne serait-ce qu’un seul qui me parle d’explosion, et je lui pète les genoux. Oui, un truc chaud a pris un volume gigantesque très très vite, mais ça suffit pas pour dire que le vide a explosé. Et puis j’ai pas envie de m’être fait chier pour encore entendre des conneries derrière NANMEHO !
A part ça, je m’excuse pour le wall of text, mais entre les photos d’explosions moches, les couvertures des coffrets DVD de The Big Bang Theory, et des frises chronologiques qui disent la même chose que ce que je viens de dire (chouette, une image sans image !), c’est un poil corrosif pour la rétine. Mais bon, on a rien sans rien. De plus, si j’ai réussi à vous apprendre ne serait-ce qu’un petit truc, c’est déjà pas mal.
Et puis si je vous ai niqué la vue, au moins vous avez une raison pour porter des lunettes de hipster, c’est toujours ça de pris. D’autant plus que tout ce savoir, vous allez maintenant l’étaler comme de la confiture sur la gigantesque biscotte de votre ignorance, et ainsi de briller dans les soirées mondaines.Et pas seulement parce que vous êtes moches et que vos hôtes se sentent plus beaux en votre compagnie, maintenant y’a une raison.
Donc enjoie ta science et brille en société, petit bonhomme, car comme le dit si bien le proverbe, “Déballe ta science, et bourre de la duchesse !”

Alors maintenant, une fois que tu auras fini de récolter les faveurs de tout représentant du sexe opposé digne de ce nom, tu vas quand même devoir penser à me remercier, petit saligaud. Je sais que tout ce que tu pourras dire sera étouffé par les hurlements de tes hordes de groupies en délire, mais t’as tout de même le droit de hurler à pleins poumons un “Merci. Merci WiseKitteh.”. C’est l’intention qui compte. Et puis la politesse c’est important.

Breaking news : Mon enfance est un mensonge.

Ce mardi dernier à 11 heures signe la fin d’une ère. Tout évènement précédant cette date est nul et non avenu. Aujourd’hui est un véritable tournant, le premier jour du reste de ma vie.
Le jour où j’ai appris que les fondations de ma personne étaient bâties sur du bastinguage bouffé par les termites et pourries par l’humidité.

Tout ce en quoi j’ai cru jusqu’ici peut être faux, ou du moins devra l’être considéré jusqu’à preuve du contraire. Cet article est une courte réflexion sur moi-même, une sorte de doute cartésien inversé, remanié, un doute chatonnien si vous voulez, où je sais définitivement que je suis parce que je pense, mais que je ne suis pas celui que je crois être car un aspect déterminant de mon essence m’était jusqu’alors inconnu.

Attention, je vous préviens , chez vous aussi cette révélation peut complètement renverser votre perception du monde extérieur, au point de vous retrouver sans aucun repère, sans aucune figure paternelle rassurante à admirer, sans aucun modèle dans la vie.
Aussi, tous les préjugés racistes seront invalides à partir de maintenant, notamment sur le point de la sonorité des noms. Vous comprendrez plus tard.

Tout de suite, ça pose un standard en matière de sérieux.

Regardez moi bien ce fils de mouette droit dans ces yeux. Impossible de se tromper sur la personne, son nom est gravé dans la roche, et rien qu’à la vue de ses sourcils hyperboliques, sa blouse blanche impeccable tenant un stylo dans sa poche, ses cheveux grisonnants en bataille, on sait tout de suite à qui on a affaire. Au Professeur Samuel Chen, le tout en majuscules parce que c’est un mec qui en a.

Des couilles, pas des majuscules.
Vous suivez, un peu, des fois ?
Non ?
Bon.

Reprenons. Cet homme est un scientifique, un vrai, un homme qui sait ce qu’il a à faire, et qui ne laisse rien ni personne se mettre en travers de son chemin. A part la flemme. C’est d’ailleurs pour ça qu’il sort un gosse de dix ans de chez lui, l’envoie faire le tour du pays seul, affronter une nature hostile avec sa bite et son couteau histoire de faire son taf de chercheur à sa place. Ce pauvre petit sera alors contraint de fracasser la faune locale pour passer sa rage, et ramener des spécimens de chaque espèce histoire de faire des tests en labo, de faire du vol à main pokémonée (bah oui, je suis obligé d’inventer des chefs d’accusation parce que faire du racket avec un Canarticho ou un Magicarpe, j’appelle pas ça du vol à main armée, et que la stupidité n’est pas encore un délit), ce qui l’entraîne dans de sales histoires de turf war avec la mafia locale, de braconnage et de claquage de thunes au casino. Casino qui sert d’ailleurs de couverture à ladite mafia, dont la planque digne de la batcave se situe derrière un poster (oué) que l’on déplace d’une pression sur un bouton secret (oué oué oué).

Mais je m’égare, et revenons ainsi à nos Wattouat moutons. Ce dangereux individu poussant des mineurs a devenir le nouveau Tony Montana de Kanto, mondialement connu en France (c’est important pour la suite) sous le doux blaze de Prof.Chen a fait de moi une victime de plus parmi les siennes, et d’une façon jamais vue auparavant.
Penchons nous quelques instants sur son nom, voulez-vous ?

Mon innocence enfantine m’a toujours fait penser que dans une société cosmopolite telle que celle de Kanto, il est normal que les personnages portent des noms russes (Sacha), classiques (Pierre), ou creepy (Ondine, qui a d’ailleurs inspiré pas mal de parents gitans par chez moi, sale histoire que je raconterais sûrement un autre jour), il était normal que dans une série japonaise, il y en ait au moins un assez stéréotypé pour prendre la dose de cliché nécessaire à la stabilité culturelle du bousin.
Ca a l’air affreusement raciste dit comme ça, mais je vous assure que tourné autrement, ça pourrait être une pub pour Benetton. Enfin bref.
Cet homme était l’incarnation de tous les clichés racistes que mon esprit de sale gosse avait pu former. Y’a qu’à regarder sa tête en gros plan pour bien comprendre de quoi je parle.

YOU RACK DISCIPRINE !1!!

Et là, cinq quatre trois zéro paf pastèque, révélation (nan, pas comme dans Twilight, ce coup-ci tous les acteurs de cette situation ont une classe montrueuse et ont perdu leur pucelage) : Les véritables responsables de ce drame, les hommes qui ont scellé le destin de ce pauvre homme sont ailleurs.

Messieurs dames, je vous présente ma théorie, pompeusement intitulée…

  • L’affreux complot du monde de la traduction pour conditionner une génération de jeunes à la xénophobie et, à terme, maîtriser le monde

Fear…

Pour une fois que j’ai fait des recherches sérieuses sur le sujet, je vais pas me priver.
En VO qui sent bon le sushi dedans sa bouche, notre cher professeur se nomme Professeur Okido. Rien à voir avec notre Chen à nous, et à vrai dire ça sonne plutôt bien de base. A se demander où est la nécessité de changer le nom, puisque c’est évidemment à des kilomètres d’une françisation du nom. Changer un nom à consonance asiatique par un autre nom à consonance asiatique, y’a pas à chier, c’est révolutionnaire. A croire que des scénaristes ce sont inspiré de ce procédé pour les fins multiples de Mass Effect 3 (/taunt)

En poussant un peu plus les recherches, je découvre que, attention gros indice pour la révélation finale, Okido est un nom de famille japonais évoquant l’arbre.

Non? Personne ne voit ?
Bon.

Le truc qui m’a fait tilter, c’est la façon dont ils l’ont traduit en anglais. De Okido à Oak, que ce soit du point de vue du son ou du sens, c’est très (très très très) proche. Genre vraiment. De “arbre” à “chêne”, il a qu’un pas.
Attendez.
On a bien dit “chêne”, là ?

Et là, je tombe des nues. J’veux dire, comment j’ai pu ne pas le voir toutes ces années, au milieu des Professeurs Orme, Sorbier et autres buissons. C’était pourtant sa mère obvious depuis le début !

Bien sûr, ce n’est pas de ma faute (jamais.), c’est une gigantesque masquarade, opérée d’une main de maître par la guilde des traducteurs amateurs de vannes racistes !
Alors je les comprends, traduire trouzmille saisons d’une série pour gosses doit être complètement casse-couille, d’autant plus que c’est combo s’il ont eux aussi des rejetons pour regarder la série au moment où ils rentrent du taf. Mais pourrir la jeunesse de gens dix ans plus tard quand ils réalisent que c’est Chen, comme l’arbre (oué), c’est moche.

D’autant plus que je les vois, tous autant qu’ils sont, à se venger de leur vie de merde sur un pauvre personnage de dessin animé :
“Hé regardez cui-là, il s’appelle Chêne ! Nan mais trop nawak ce truc. Genre il s’appelle Chêne, et même que Professeur, c’est son bouleau !
-Chen ?
-Ouais.
-Naaan, genre comme le bruit des chinois quand ils veulent dire des trucs ?
-Han mais trop quoi !
*Tching tchong chen menu MB2 ROFLMAOZEDONG*”

Et voilà comment on donne une orientation complètement biaisée d’un personnage qui ne leur avait pourtant rien fait.

Seulement, j’aurais pu continuer longtemps à cracher ma bile là dessus, mais j’ai vite réalisé que c’était vraiment évident, et qu’il y avait même une réciproque qui bouclait la boucle de façon magistrale.

  • La réciproque Gary Oak

Ouais, on va garder le nom Gary, parce que le nom que les traducteurs lui ont asséné, Régis, est tout bonnement ridicule et le discrédite d’entrée.

Gary Oak, c’est ce mec, pour ceux qui se souviennent pas.

Introducing : Gary MOTHAFUCKIN’ Oak.

A vrai dire, qu’il s’appelle Régis, Gary ou Shigeru, et bah on s’en bat un peu les couilles, étant donné que dans le jeu, son grand père est tellement gâteux qu’il se souvient plus de son nom. Au lieu de lui demander directement, le Prof se tourne cash vers vous, et excusez-moi m’sieur l’agent, je nettoyais mon sens de l’humour et le coup et parti tout seul, ce brave garçon était rebaptisé Sac à foutre pour ses dix ans.

Bon, en même temps, il l’a bien mérité. Ce type est pire que Christine Boutin et Herr Doktor Mengele réunis. C’est genre le mec qui choisit son starter après toi, histoire de profiter de la faiblesse du tien. C’est genre le pied de ta table de nuit qui te nique l’orteil à 2 du mat’, par surprise, en mode ninja.

Toujours pas convaincu ?
Tu viens de traverser le putain de pays, te faire respecter dans chaque bled, et tu te lances à l’assaut de la ligue, réunion des quatre plus grands oufzors du monde. Tes pokémons se font purement molester par chaque mec, les uns après les autres
tu finis champion du bouzin, tu es à l’article de la mort. Et là, devine qui vient te coller une béquille dans les couilles pour te faire chuter au dernier moment ? Gary MOTHAFUCKIN’ Oak.
Il est toujours là quand il faut pas, juste pour te faire chier dans ton froc une fois que tu te croyais sauvé. Et comment est-il en mesure de venir te faire chier invariablement à l’instant le plus critique ?
Parce que c’est un putain de parvenu. Tout ça parce que c’est le petit-fils de Chen, alors il peut poser ses couilles sur ton nez de petit prolétaire ayant réussi sa vie à la sueur du front de ses pokémons. Et bah je trouve ça dégueulasse.

Messieurs dames, Gary est l’explication rationnelle, l’élément justifiant le nom de cette famille.
De façon purement logique, le Chêne a engendré le plus gros gland de toute l’histoire des glands.

Alors vous allez me dire, à partir de là, c’est évident, et j’ai qu’a pas être un gros boulet. Mais je sais au plus profond de mon être que vous aussi ça vous a retourné la tête. Ou pas. Si c’est le cas, me dites pas que je suis un gros boulet, ça me fait plaisir de penser que vous aussi.
Au final, je pense que cet article aura été une révélation autant pour vous que pour moi, dans la mesure où si je suis le dernier à remarquer ce truc, et bah au moins, vous savez maintenant qu’il y a plus con que vous ici, et parfois, c’est rassurant.
Rien que pour ça, ça vaut une tournée générale de remerciements.
Allez, tous avec moi :
“Merci. Merci WiseKitteh”